Président d'honneur du prix Hippocrate 2018

Un texte de Geneviève Vézina-Montplaisir

Plus de 20 ans après la fondation de Bio-k+, Claude Chevalier est toujours aussi passionné par le développement de son entreprise que par les découvertes des nouveaux bienfaits pour la santé de ses produits.



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Portrait du président d'honneur de la soirée de gala du Prix Hippocrate 2018 : un homme d'affaires qui a la santé des patients à cœur.

Dans le bureau de Claude Chevalier, au siège social de Bio-k+ à Laval, une grande toile du mont Everest et une photo du mont Kilimandjaro, deux monts qu'il a gravis, ornent les murs. Claude Chevalier aime atteindre ses buts un pas à la fois, en montagne et en affaires. Et il ne s'arrête pas en chemin avant d'avoir atteint le sommet.

« Claude Chevalier aime atteindre ses buts un pas à la fois, en montagne et en affaires. Et il ne s'arrête pas en che- min avant d'avoir atteint le sommet. »

« J'ai aussi monté le mont Washington et le mont Rainier aux États-Unis. Je me prépare également à aller en Patagonie en 2018 avec la fondation de l'hôpital Sainte-Justine. J'aime grimper, j'aime nager, j'aime l'action. La retraite? Je ne serais même pas capable d'épeler ce mot même si j'essayais! raconte en riant le fondateur et le président du conseil de Bio-k+. Je ne prendrai jamais ma retraite, je ferai juste les choses différemment. »

Son goût pour le sport, Claude Chevalier croyait plus jeune le mettre à profit comme professeur d'éducation physique. Mais après avoir complété un bac en la matière à l'Université d'Ottawa, le jeune enseignant a rapidement compris en exerçant le métier que ce n'était pas pour lui.

« Je me suis donc décidé à aller faire des études supérieures à l'Université de Mexico, mais avant que je me rende là-bas un ami qui étudiait à l'Université d'Eugene en Oregon m'a invité à aller passer l'été avec lui, et tant qu'à y être, à prendre un cours d'été. Je n'ai pas trop aimé le cours que j'ai suivi, mais j'ai été interpelé par un des aspects plus business. Finalement, je suis resté en Oregon faire un MBA », se souvient-il.

À son retour au pays, le nouveau diplômé devient responsable du marketing chez Bombardier pendant les années glorieuses de la compagnie. Il se fait un jour approcher par des fermiers de Toronto qui aiment son profil de canadien-français avec une scolarité en administration des affaires pour diriger le Bureau laitier du Canada. Après quelques années, Claude Chevalier a envie de nouveaux défis et fonde sa propre compagnie de marketing, Dynamark Management.

« Je me suis déclaré spécialiste en marketing international et des gens de la Banque mondiale m'ont cru et ils m'ont invité à Washington à faire une présentation sur la restructuration de l'industrie laitière au Mexique, raconte le sympathique entrepreneur. J'ai eu le contrat et plusieurs autres, qui m'ont mené en Égypte, en Argentine, en Chine et en Thaïlande. »

Une rencontre marquante

Lors de ses nombreuses péripéties dans le monde laitier, Claude Chevalier rencontre en 1983 le microbiologiste François-Marie Luquet, dans un congrès laitier. Les deux hommes restent en contact, et 10 ans plus tard, durant un lunch à Paris, l'ancien chercheur de l'Institut Pasteur lui confie avoir découvert des souches de bactéries inédites qui posséderaient des propriétés intéressantes.

« Il avait piqué ma curiosité, mais je ne voyais pas encore le potentiel, confie celui qui se cherchait à l'époque une opportunité d'affaires. J'ai pris des échantillons de ses souches et je les ai amenées à l'Institut Armand-Frapper de Laval pour les faire analyser. Quand les chercheurs me sont revenus avec les résultats, ils m'ont dit : "Wow, il se passe quelque chose là-dedans, on n'a jamais vu ça!". J'ai rappelé Luquet et je lui dis : "Ça m'intéresse, mais je ne connais rien là-dedans, qu'est-ce que je fais avec ces souches-là? " »

Il fallait créer un environnement pharmaceutique pour que les trois souches de bactéries, qui travaillent en synergie, puissent faire leur travail. Épaulé par sa femme Monique Roy, Claude Chevalier se lance dans l'aventure, aidé par le Centre de développement des biotechnologies de Laval. Cependant, pour avoir tout l'équipement nécessaire à la mise en marché de son premier produit, il doit faire un investissement de deux millions de dollars

« Il fallait que je commence à y croire, car c'était toujours un side-line! Le mot « probiotiques » n'était pas vraiment utilisé à l'époque, et les grandes compagnies de yogourt n'étaient pas encore intéressées à ce secteur, à ce moment-là », rappelle-t-il.

En 1994, l'entreprise Bio-K Plus International voit officiellement le jour et la formule du lait fermenté est brevetée. Vendu tout d'abord dans les boutiques d'aliments naturels pour aider à la stabilité du transit intestinal reliée à la diarrhée, à la constipation et à la maladie de Crohn, Bio-k+ gagne en popularité grâce au bouche-à-oreille. Mais le produit n'a pas encore révélé tout le potentiel de ses puissantes bactéries...

Des résultats probants pour contrer les infections

Au début des années 2000, le Québec est touché par la crise du C. Difficile. Une infirmière de Maisonneuve-Rosemont qui connaissait déjà les bienfaits du Bio-k+ décide de donner, à l'insu de l'hôpital, le produit aux patients en phase terminale de C. Difficile.

« Plusieurs patients ont été guéris! Le pharmacien de l'hôpital m'a alors appelé pour m'expliquer ce qui s'était passé et me demander s'il était possible de faire une recherche sur l'efficacité du Bio-k+ pour contrer le C. Difficile », se souvient avec enthousiasme Claude Chevalier.

Les résultats de l'étude sont concluants et la nouvelle se répand. Bio-k+ fait son entrée dans les pharmacies et le milieu hospitalier s'intéresse au produit. C'est le début de plusieurs recherches pour explorer ses effets préventifs, mais aussi curatifs.

« Suite à la recherche à l'hôpital Maisonneuve- Rosemont, on en a fait une à Shangaï, comme les coûts étaient moindres, et elle a été publiée dans The American Journal of Gastroenterology. Ça nous a donné beaucoup de crédibilité. À l'hôpital de Le Gardeur, l'infectiologue Dr Pierre-Jean Maziade a ensuite décidé de mettre 100 % de ses patients qui prenaient des antibiotiques sur le Bio-k+ et son établissement est passé du plus haut taux d'infection au plus bas taux au pays. Depuis mes débuts, nous n'avons pas eu aucune recherche, ni une seule expérience qui n'ait été concluante. On a maintenant 22 publications à notre actif et on a dépensé plus de 40 millions en recherches jusqu'à maintenant, rapporte avec fierté Claude Chevalier. Elles ne portent pas toutes sur le C. Difficile, mais aussi sur le côlon irritable et l'eczéma. On s'intéresse également au diabète en collaboration avec l'Institut de Cardiologie de Montréal. »

« Depuis mes débuts, nous n'avons pas eu aucune recherche, ni une seule expé- rience qui n'ait été concluante. On a maintenant 22 publications à notre actif et on a dépensé plus de 40 millions en recherches jusqu'à maintenant, rap- porte avec fierté Claude Chevalier. »

D'autres recherches aux résultats probants ont également été réalisées à Chicago, à Orlando, et plusieurs hôpitaux des États-Unis – le plus gros marché de Bio-K+ - ont intégré le produit. Mais dans la Belle Province les choses bougent plus tranquillement. On pourrait penser que, comme il a été prouvé que le Bio-K+ aidait à prévenir et à combattre le C. Difficile, on en donnerait à tous les patients des hôpitaux québécois, mais ce n'est pas le cas, comme le produit n'est pas considéré comme un médicament. Il possède une allégation théra- peutique de Santé Canada en prévention primaire des diarrhées associées à la prise d'antibiotiques et des cas de C. Difficile.

Une histoire de famille

Malgré ce mur de verre à franchir dans la province qui a vu croitre son entreprise, Claude Chevalier, aidé de sa femme et ses enfants Isabèle et François-Pierre, qui travaillent pour l'entreprise familiale depuis plus de 15 ans, a vu passer Bio-K+ de 10 à 150 employés et garder un taux de croissance de 8 à 10 % chaque année. L'entreprise, qui possède maintenant une gamme élargie de produits a des bureaux à Los Angeles, en Floride, à Boston, à Houston, à Toronto et à Vancouver.

« Ma femme Monique a participé à tout le processus de développement de l'entreprise. Présentement, elle agit comme vice-présidente du conseil d'administration et s'occupe de dossiers particuliers. Elle n'est plus dans la popote journalière. J'essaie moi aussi de me retirer de ça et de me concentrer davantage sur le développement stratégique pour laisser les rênes à Isabèle et à François-Pierre. Dès leur plus jeune âge, mes enfants ont été intéressés par la compagnie Bio-K +. Ils ont occupé tous les postes au sein de l'entreprise : de la vente, à la production, en passant par l'analyse de sa science et la distribution, explique celui qui est aujourd'hui grand-père de cinq petits-enfants. Ils sont aujourd'hui co-présidents et leur personnalité complémentaire font qu'ils forment une super équipe. »

Avoir ses enfants à bord de cette belle aventure est un rêve devenu réalité pour Claude Chevelier qui souhaitait créer une société qui pouvait traverser et durer dans le temps.

« Je suis également fier du fait que Bio-K+ soit une innovation à portée mondiale, qui ne coûte pas cher, et qui permet d'améliorer la qualité de vie des gens, de réduire la souffrance humaine, et même, de sauver des vies », confie-t-il avec humilité.

C'est d'ailleurs parce qu'il a la santé des patients à cœur qu'il a accepté d'être le président d'honneur de la soirée de gala du Prix Hippocrate 2018.

« Je pense qu'il faut changer notre vision du système de santé pour que le patient soit au centre de tous les efforts qui sont faits, dit-il. C'est ce qui m'a interpelé avec le magazine Le Patient et le Prix Hippocrate. Il ne suffit pas de donner quelques pilules aux patients, il faut se concentrer sur la source du problème et s'arranger pour qu'il se règle et qu'il ne revienne pas. Il faut continuellement ramener le patient au centre de l'équation. »

Claude Chevalier est un entrepreneur et un homme d'affaires de cœur, intègre, qui n'a pas la langue de bois. S'il n'a pas peur de gravir des montagnes, il n'a pas peur d'en déplacer non plus.


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