La coloscopie vistuelle : Un dépistage du cancer du côlon sans douleur, presque!

La coloscopie vistuelle : Un dépistage du cancer du côlon sans douleur, presque!

Par Dre Sophie Laplante,FRCPC, CSPQ

Professeur adjoint de l'Université de Montréal
Responsable de l'imagerie digestive pour Imagix, Imagerie Médicale
Directrice médicale du LIM Imagix Brossard

Le cancer du côlon affecte près de 24 000 canadiens par année et 9000 en mourront en 2014. C'est le troisième cancer le plus fréquent après le poumon et le sein et c'est le deuxième cancer le plus mortel en Amérique du Nord. Ce cancer affecte un homme sur 13 et une femme sur 15 et ce, en majorité, après l'âge de 50 ans.

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L'individu à risque moyen, qui représente 75 % de la population, aura donc 3-5 % de probabilité d'être atteint du cancer du côlon dans sa vie. Ce risque augmente en présence d'antécédents familiaux selon le degré de parenté et l'âge de présentation du cancer. Il va de deux fois plus à quatre fois plus important selon que le parent atteint soit du deuxième ou du premier degré et que le cancer se présente après ou avant l'âge de 60 ans. Ce deuxième groupe représente 15-20 % de la population à risque. Le dernier groupe, qui représente 3-5 % des cas de cancer du côlon est porteur de facteur génétique ou de maladie inflammatoire du tube digestif et présente un risque nettement accru de 70 à 100 % à vie. Il est sujet à une stratégie de dépistage plus précoce et plus direct, en endoscopie d'emblée.

« Il existe différents moyens de dépister le cancer du côlon. Tous sont basés sur la détection du polype précancéreux de 1 cm et des très petites tumeurs avant qu'elles ne soient envahissantes. Ces moyens profitent de trois situations inhérentes à la maladie : d'abord, dans 85 % des cas, la cible du dépistage qui est le polype, apparaît 5 à 10 ans avant de se transfor- mer en cancer. »

Si on dépiste le cancer à son stade local, on peut y survivre plus de 5 ans dans 90 % des cas. En cas de découverte de la maladie à un stade plus avancé, où la paroi du côlon est dépassée par la tumeur, cette survie diminue à 70 % en cas de maladie régionale, et à 13 % s'il y a des métastases à distance.

Malheureusement, seulement 40 % des cancers du côlon sont diagnostiqués à un stade local, 36 % ont déjà une extension régionale et 20 % ont une extension à distance au moment du diagnostic. Il est donc très important de participer au dépistage du cancer du côlon si on veut en prévenir la mortalité et la souffrance.

Il existe différents moyens de dépister le cancer du côlon. Tous sont basés sur la détection du polype précancéreux de 1 cm et des très petites tumeurs avant qu'elles ne soient envahissantes. Ces moyens profitent de trois situations inhérentes à la maladie : d'abord, dans 85 % des cas, la cible du dépistage qui est le polype, apparaît 5 à 10 ans avant de se transformer en cancer. Nous profitons donc d'un long intervalle de surveillance pendant lequel le précurseur de la maladie est présent mais ne représente pas encore une menace à la survie du patient. Deuxièmement, la majorité des polypes saignent très légèrement et laissent donc une trace décelable dans les selles : on peut faire la recherche d'hémoglobine humaine occulte dans les selles grâce au RSOS(i) ou FIT. Enfin, il existe deux méthodes très performantes pour détecter les polypes à risque au moment où ils atteignent une taille à laquelle il y a une probabilité significative d'y retrouver des cellules cancéreuses ou précancéreuses mais qu'il n'y a pas encore envahis- sement des couches profondes du côlon : ce sont la coloscopie ou endoscopie à fibres optiques et la coloscopie virtuelle ou coloscopie par CT Scanner. Les programmes de dépistage du cancer du côlon font un usage judicieux du dépistage du sang occulte dans les selles, de l'imagerie et de la coloscopie à des intervalles qui sont choisis selon le niveau de risque de l'individu, le coût et la sensibilité de l'examen. Ce dépistage doit commencer, à l'instar de la mammographie pour la femme, à 50 ans pour l'individu à risque usuel et à 40 ans ou 10 ans avant l'âge du premier cancer s'il y a histoire familiale. Votre médecin de famille pourra vous conseiller.

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La coloscopie virtuelle et l'endoscopie ont une performance équivalente pour la détection des polypes de taille significative de l'ordre de 90-97 % de sensibilité. Alors que l'endoscopie permet la biopsie et l'analyse immédiate des polypes détectés, il faut savoir que si 25 % des patients auront un polype au premier examen, seulement 1 % des polypes décelés seront cancéreux. Il faut retenir que 5 % des patients auront un polype significatif de 9 mm ou plus (donc précancéreux et nécessitant une exérèse) lors d'un premier dépistage à 50 ans, et ce  chiffre grimpe à 7-8 % à 75-80 ans. Tous les autres petits polypes ne nécessitent probablement pas une exérèse d'emblée, les études sont en cours. Il y a suffisamment d'évidence en faveur d'une stratégie de surveillance lorsqu'on détecte de plus petits polypes, mais l'endoscopiste peut les biopsier sur le champ quand-même.

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On peut choisir de pratiquer une coloscopie virtuelle plutôt  qu'une  endoscopie.  Cet  examen  demande une purgation du côlon comme pour l'endoscopie, et on demande aussi de boire une solution d'iode et une   petite   quantité   d'iode   comme   agents  de contraste qui permettront de bien opacifier le résidu colique et, par conséquent, seront plus faciles à différencier d'un vrai polype ou cancer lors de l'analyse des images. Contrairement à l'endoscopie, la coloscopie virtuelle ne nécessite pas de sédation et il n'y a pas de risque réel d'hémorragie digestive; il y a dix fois moins de probabilité de perforation colique et, si elle a lieu, elle est généralement peu symptomatique  et  ne  nécessite  qu'une  surveillance  avec  ou sans prise d'antibiotiques. La coloscopie virtuelle est sans danger pour le sujet anti-coagulé ou fragile et elle permet d'évaluer les côlons infranchissables en raison  de  diverticulose  ou  d'adhérences.  Cet  examen nécessite une insufflation de CO2   pour distendre le côlon via un tout petit tube rectal flexible et se fait à l'aide d'un CT Scanner. Il ne prend que 10-15 minutes et se fait généralement sans douleur. Le sujet peut venir seul à son examen et retourner rapidement à ses activités usuelles par la suite. Environ 90 % des sujets pourront éviter l'endoscopie car on aura exclu la présence de polypes significatifs ou de tumeurs. Les autres devront passer à l'endoscopie de confirmation.

« La coloscopie virtuelle est sans danger pour le sujet anti-coagulé ou fragile et elle permet d'évaluer les côlons infran- chissables en rai- son de diverticu- lose ou d'adhérences. »

La coloscopie virtuelle permet aussi d'évaluer les structures abdominales en général. Il arrive donc, dans 5-10 % des cas, que l'on trouve d'autres conditions médicales significatives comme un anévrisme de l'aorte ou une petite tumeur du rein, par exemple. On peut aussi déceler des causes extracoliques pour les symptômes abdominaux du patient, comme un kyste de l'ovaire, une diverticulite, etc? dans le cas où l'examen est pratiqué avec une intention de diagnostic plutôt que de dépistage. C'est un examen beaucoup plus performant que le lavement baryté parce qu'il est au moins deux fois plus sensible et spécifique pour le diagnostic et le dépistage du cancer du côlon, en plus de pouvoir examiner les autres structures intra-abdominales. La quantité de radiation reçue par le patient est égale ou inférieure à celle reliée à un lavement baryté. À l'âge de 50 ans et plus, il n'y a pas de risque significatif à vie d'induire un cancer au moyen de cette irradiation.

Il est établi que le dépistage du cancer du côlon par la détection et l'exérèse des polypes à risque peut diminuer de façon significative la morbidité et la mortalité par cancer du côlon. Un des plus grands défis encore à ce jour est d'obtenir la participation du public. À vous d'y voir !

Sites web d'intérêt : www.colonversation.ca www.coloncancercanada.ca

www.acr.org : ACR-SAR-SCBT-MR Practice parameter for the performance of Computed Tomography (CT)

Colonography in adults

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Coupe axiale CT Polype-Vue en coloscopie virtuelle-Endoscopie de confirmation

 

 


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