Échographie de la thyroïde

Par Lorne Rosenbloom, MDCM FRCPC

Professeur  assistant de radiologie, Université McGill Radiologiste, Hôpital général juif et Centre d'imagerie médicale Clarke

Vincent Pelsser

Professeur  assistant de radiologie, Université McGill Radiologiste, Hôpital général juif et Centre d'imagerie médicale Clarke

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INTRODUCTION

Le cancer de la thyroïde augmente autant en préva- lence qu'en incidence au Canada, et est maintenant le 5e cancer le plus commun chez les femmes cana- diennes, et le cancer le plus fréquent chez les femmes âgées entre 15 et 30 ans. Il est environ quatre fois plus fréquent chez la femme que chez l'homme. Les cancers bien différenciés sont plus fréquents et ont un taux de guérison et de survie bien meilleur que les cancers moins bien différenciés.

Les nodules thyroïdiens, peu importe leur origine, sont extrêmement communs : on les retrouve chez environ la moitié de tous les Canadiens. Bien que la vaste majorité (environ 95 %) des nodules thyroïdiens soient bénins, l'identification et le diagnostic précoce des cancers de la glande thyroïde sont importants pour réduire leur morbidité et leur mortalité. Ceci est d'autant plus pertinent sachant que la plupart des cancers thyroïdiens, particulièrement les types bien différenciés, sont guérissables, ne laissant souvent aucune séquelle à long terme, ni déficit significatif.

« Le cancer de la thyroïde augmente autant en prévalence qu'en incidence au Canada, et est main- tenant le 5e cancer le plus commun chez les femmes cana- diennes, et le cancer le plus fréquent chez les femmes âgées entre 15 et 30 ans.  »

L'échographie de la glande thyroïde est devenue un outil indispensable dans l'évaluation des nodules thyroïdiens. Elle permet d'identifier ceux ayant des caractéristiques suspectes, nécessitant une biopsie à l'aiguille fine pour une analyse microscopique des cellules par un pathologiste. L'échographie est un examen accessible à grande échelle, rapide, non douloureux et non dispendieux. Elle ne requiert pas l'utilisation de radiation ionisante (rayons-X), et ne présente donc pas d'effets indésirables sur la santé.

ou par un technologue spécialement formé en échographie. Le patient est couché sur le dos, avec le cou en extension. Un gel est appliqué sur la peau du patient au niveau du cou pour permettre un contact adéquat entre la sonde échographique et la peau du patient, dans le but d'éliminer des bulles d'air qui empêcheraient la pénétration des ondes échographiques dans les tissus du patient (Figure 1).

TECHNIQUE

L'examen échographique peut être effectué soit par un radiologiste, ou par un technologue spécialement formé en échographie. Le patient est couché sur le dos, avec le cou en extension. Un gel est appliqué sur la peau du patient au niveau du cou pour permettre un contact adéquat entre la sonde échographique et la peau du patient, dans le but d'éliminer des bulles d'air qui empêcheraient la pénétration des ondes échographiques dans les tissus du patient (Figure 1).

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Figure 1 : Image transverse au niveau de la ligne médiane du cou démontrant une glande thyroïde normale, de part et d'autre de la trachée.

En plus de l'évaluation de la glande thyroïde à proprement dit, un balayage complet du cou est habituellement effectué au niveau des tissus avoisinants pour évaluer les ganglions lymphatiques cervicaux et les portions visibles des glandes salivaires parotides et sous-mandibulaires.

La dimension de chaque lobe et de l'isthme thyroïdien est notée; la taille, la localisation et les caractéristiques des nodules thyroïdiens sont documentées dans le compte-rendu échographique.

TROUVAILLES  ÉCHOGRAPHIQUES

Il n'y a pas de caractéristique unique à l'échographie qui permette de déterminer si un nodule thyroïdien est bénin ou malin. La caractérisation d'un nodule thyroïdien dépend d'une combinaison de plusieurs facteurs :

Contenu liquidien : L'échographie permet de distinguer avec certitude un kyste (une lésion à contenu entièrement liquidien) d'un nodule solide. Les lésions qui sont des kystes simples sont presque toujours bénignes (Figure 2).

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Figure 2 : Image sagittale d'un lobe thyroïdien droit démontrant une kyste simple, sans paroi   perceptible, et avec absence d'échos internes.

Texture échographique : Les nodules qui reflètent les ondes sonores autant ou plus que le tissu thyroïdien normal sont plus probablement bénins (Figure 3); ceux qui les reflètent moins apparaissent hypopéchogènes, c'est-à-dire ceux étant plus foncés ou noirs sur les images, ont une plus grande probabilité d'être malins.

Contour : Les nodules qui présentent des bordures lisses et bien définies, et spécifiquement ceux qui ont un halo hypoéchogène, sont plus probablement bénins (Figure 3). À l'inverse, les nodules malins peuvent présenter des rebords irréguliers et mal définis (Figure 4).

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Figure 3 : Image transverse d'un lobe thyroïdien droit démontrant un nodule isoéchogène avec  un contour bien défini et un halo hypoéchogène, des trouvailles suggérant un nodule bénin.

Calcifications : De fins dépôts de calcium appelés microcalcifications sont fréquemment observés dans les cancers papillaires de la glande thyroïde (Figure 4). La présence de calcifications de plus grosse taille est moins spécifique de malignité.

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Figure 4 : Image sagittale d'un lobe thyroïdien démontrant un nodule avec des rebords mal définis et de multiples   petits foyers internes hyperéchogènes causés par des microcalcifications (flèche blanche), des trouvailles suspectes de malignité. Une chirurgie subséquente confirmera le diagnostic de cancer.

Vascularisation : Le degré d'apport sanguin aux tis- sus peut être évalué au moment de l'échographie en utilisant le Doppler couleur, qui se superpose aux images en noir et blanc; ceci permet de déterminer la vélocité et la direction du flot sanguin. Les nodules avec un flot sanguin augmenté par rapport au tissu thyroïdien normal adjacent ont plus de chance d'être malins que les nodules avec un moindre flot sanguin interne.

« L'échographiede la glande thyroïde est devenue un outil indispensable dans l'évaluation des nodules thyroïdiens. »

Taille : La taille d'un nodule est le facteur le moins prédictif de malignité, sauf pour les  nodules de très grande dimension qui ont une plus grande probabilité d'être malins. La taille d'un nodule est importante à deux niveaux : d'abord il est techniquement plus difficile de biopsier les nodules de moins de 1 cm; de plus elle est importante dans le suivi échographique d'un nodule pour déterminer si un nodule augmente de taille ou s'il bien demeure stable.

Ganglions lymphatiques : La présence de ganglions anormaux, c'est-à-dire augmentés de taille, kystiques, ou contenant des microcalcifications, suggère une tumeur maligne qui s'est propagée aux ganglions locaux du cou. De plus, l'échographie est utile pour évaluer l'invasion locale des structures adjacentes par un nodule thyroïdien suspect, afin de guider le chirurgien  au moment de l'opération.

CONCLUSION

Les nodules thyroïdiens sont très fréquents. L'échographie de la thyroïde joue un rôle capital dans l'évaluation de ces nodules dans le but de détermi- ner s'ils présentent des caractéristiques suspectes de malignité. Ceci permet ainsi de sélectionner lesquels doivent être biopsiés en vue d'établir un diagnostic précoce de cancer. Elle a aussi son utilité dans l'évaluation initiale de l'étendue locale d'un cancer au niveau du cou, et dans le suivi post-opératoire des patients ayant eu une ablation complète de la glande.

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