L'anosmie


Par Yanick Larivée, MD, FRCSC

Médecin spécialiste en oto- rhino-laryngologie  (ORL)

Chirurgien de la tête et du cou.

Chef du service d'oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervico- faciale et dentaire

du Centre de santé et services sociaux de la Haute-Yamaska.

Professeur adjoint d'enseignement clinique à l'Université de Sherbrooke.

Président de l'Association des médecins, dentistes et pharmaciens du Centre de santé et de services sociaux de la Haute Yamaska.

Introduction :

Notre odorat contribue  de  façon  importante, voire quasi-indispensable, à notre qualité de vie. Rappelez-vous seulement votre expérience gustative  lors  de  votre  dernier rhume : ça ne goûte rien, le nez bouché!

Le sens de l'odorat a une importante fonction

de sécurité, permettant de nous avertir de la présence d'un incendie, de gaz toxiques invisibles ou de nous prévenir des risques d'une intoxication alimentaire par des aliments impropres à la consommation. Et, incroyablement, à trois jours de vie, un nouveauné reconnait l'odeur de sa mère! Madeleine (dans Proust) nous rappelle délicatement que certaines odeurs peuvent être mémorisées et durablement associées à des souvenirs positifs ou négatifs. Mais inutile d'avoir le nez de Cyrano ou celui de Cléopâtre pour jouir de notre environnement olfactif de tous les jours. Cet article vous permettra de développer votre flair ou encore de mieux comprendre les enjeux reliés à la perte de l'odorat.

POURQUOI SENTONS-NOUS?

L'odorat est un sens important car il a plusieurs fonctions utiles pour l'humain.

Sécurité : l'odorat nous permet d'identifier les aliments impropres à la consommation (les aliments pourris dégagent des odeurs désagréables) évitant ainsi les empoisonnements alimentaires. L'odorat nous permet également de sentir les fumées provenant des incendies, nous alertant contre le danger. Notons aussi que l'industrie ajoute à certains gaz inodores (propane et autres) une odeur artificiellement désagréable pour nous permettre de détecter les fuites potentiellement dangereuses. Il peut aussi, entre autres, nous avertir incontestablement qu'un « colis » tout frais vient d'être « livré » dans la couche de bébé.

Saveurs et plaisirs alimentaires : l'odorat nous permet d'apprécier pleinement la saveur des aliments. On pense en effet que près de 90 % de la « saveur » des aliments passent par l'odorat. Les 10 % restant proviennent de la gustation par la langue, avec les quatre grands goûts, soit : le sucré, le salé, l'amer et l'aigre. Un bon vin est perdu, ne procurant souvent aucun plaisir, quand on a un bon rhume. Il a été démontré que les personnes souffrant d'hyposmie (perte partielle de l'odorat) ou d'anosmie (perte complète de l'odorat) ont tendance à manger moins santé et à moins socialiser.

« Le sens de l'odorat a une importante fonction de sécurité, permettant de nous avertir de la présence d'un incendie, de gaz toxiques invisibles ou de nous prévenir des risques d'une intoxication alimentaire par des aliments impropres à la consommation.  »

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Les femmes ont généralement un meilleur odorat, spécialement les femmes enceintes. La tapisserie dite « La Dame à la licorne » datant du XVIe siècle représente les cinq sens. Voir en figure 1 l'odorat : pendant que la dame fabrique une couronne de fleurs, un singe respire le parfum d'une fleur.

COMMENT SENTONS-NOUS?

L'odorat est un sens très ancien au sens de l'évolution. Bien des animaux ont un odorat plus développé que l'humain, permettant de flairer le danger ou de sentir des proies à distance.

L'odorat, tout comme la gustation, appartient à notre système sensoriel chimique. Un procédé complexe et raffiné (via des « chémorécepteurs ») permet aux différentes molécules chimiques de notre environnement de stimuler distinctement certaines cellules nerveuses haut placées dans la cavité nasale. Ces cellules sont reliées directement au cerveau. Il existe environ 400 différents types de récepteurs olfactifs, mais puisque chaque substance comporte plusieurs molécules, nous croyons qu'il existerait entre 10 000 et 1 milliard d'odeurs différentes!

Étonnamment, peu de personnes s'intéressent à « l'osphrésiologie » ou la science de l'olfaction proprement dite. ?nologues, sommeliers, parfumeurs et autres artistes du nez font pourtant grand usage de l'olfacton scientifique.

QUELLES-SONT LES CAUSES DE LA PERTE D'ODORAT?

Les traumatismes du crâne : un traumatisme crânien peu parfois étirer ou déchirer les connexions nerveuses du système olfactif.

Les obstructions nasales : les gens souffrant de congestion nasale chronique se plaignent souvent de perte d'odorat. La rhinite allergique, la sinusite chronique, les polypes de la cavité nasale, la déviation de la cloison du nez, entre autres, sont autant de maladies associées à  la perte de l'odorat.

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Tabagisme : les fumeurs souffrent souvent de perte de l'odorat, causée par une inflammation de la cavité nasale.

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Infection : une sinusite sévère peut parfois détruire les nerfs de l'olfaction. Certaines conditions neurologiques peuvent également contribuer à la perte de l'odorat :

Médication : certains médicaments sont reconnus comme causant une certaine perte d'olfaction, notamment certains antihypertenseurs.

Conditions neurologiques : de plus en plus d'études scientifiques font le lien entre la perte de l'odorat et les maladies d'Alzheimer ou de Parkinson. Rarement une tumeur explique la perte de l'odorat.

L'âge : avec l'âge, surtout passé 60 ans, tous les sens ont tendance à perdre progressivement de leur précision.

QUELLES SONT LES DIFFÉRENTES FORMES DE PERTE D'ODORAT (LES DYSOSMIES)?

La perte de l'odorat est appelée anosmie, et la perte partielle est appelée hyposmie. L'hyperosmie est une perception supérieure à la normale (par exemple pouvoir identifier la dernière personne à avoir quitté une pièce grâce à son odeur) qui peut être fort utile pour certains métiers, mais qui parfois accompagne la migraine. La cacosmie est un trouble où la personne perçoit essentiellement des odeurs fétides ou désagréables. La parosmie est une distorsion généralement désagréable des odeurs.

« Le traitement de l'anosmie est spécifique à la cause. Il faut donc identifier précisément  la cause pour prévoir le meilleur traitement. »

COMMENT DIAGNOSTIQUER L'ANOSMIE?

Votre médecin vous référera à un médecin spécialiste en otorhinolaryngologie (ORL), qui lui, procédera à un questionnaire et un examen complet de la tête et du cou. Souvent des caméras flexibles seront utilisées pour bien examiner votre cavité nasale, et parfois des examens radiologiques (CT-scan) ou des tests standardisés d'olfactométrie (« scratch & sniff ») seront proposés.

COMMENT SOIGNER L'ANOSMIE?

Les anosmiques ont malheureusement tendance à compenser la perte de saveur en salant ou curant trop leur repas : à surveiller!

Le traitement de l'anosmie est spécifique à la cause. Il faut donc identifier précisément la cause pour prévoir le meilleur traitement. Souvent des vaporisateurs intranasaux peuvent aider, parfois une chirurgie est proposée. Il est toujours suggéré de cesser le tabagisme, de voir à contrôler ses allergies (saisonnières ou non) et de favoriser une bonne hygiène nasale de base.

Votre ORL, avec son flair et ses outils diagnostics et traitements, tentera de vous faire retrouver votre odorat, un sens des plus importants pour une belle qualité de vie...

 


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